Yannick Noah séparé de son fils Joalukas le déchirement d’un père face au mal invisible qui frappe son cadet

C’est une blessure silencieuse qui pèse sur le clan Noah, une ombre inattendue qui vient ternir l’image de cette famille d’ordinaire si soudée et voyageuse. Alors que Yannick Noah semble mener une vie paisible entre ses engagements et ses racines, un constat s’impose : son fils cadet, Joalukas, est devenu le grand absent des réunions de famille. À 21 ans, le jeune homme, qui a pourtant hérité de la fibre artistique paternelle en se lançant avec passion comme DJ sur la scène parisienne, vit une situation de plus en plus douloureuse. Depuis maintenant deux ans, il est physiquement incapable de rejoindre son père et le reste de sa fratrie, un éloignement forcé qui ne doit rien à une quelconque dispute, mais à un mal profond et handicapant.

Photo : Yannick Noah avec son fils Joalukas à Paris le 22 avril 2022. -  Purepeople

L’origine de cette séparation forcée est un trouble psychologique qui s’est installé dans le quotidien de Joalukas : une aviophobie sévère. Cette peur panique de l’avion s’est transformée en une véritable prison dorée au cœur de Paris. Pour celui qui a grandi avec la musique dans le sang — il se rappelle avec émotion avoir ressenti les vibrations des basses dès le ventre de sa mère, Isabelle Camus, grâce aux walkmans posés par ses sœurs — le contraste est brutal. Lui, l’enfant de la balle, nourri aux concerts de son père et aux voyages internationaux, se retrouve aujourd’hui cloué au sol, incapable de franchir les frontières pour embrasser les siens.

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La géographie de la famille Noah rend ce handicap particulièrement cruel. Yannick Noah passe désormais la majeure partie de son existence au Cameroun, terre de ses ancêtres. Sa sœur Yéléna s’est épanouie sous le soleil d’Hawaï, tandis que son frère Joakim, l’ancienne gloire des parquets de la NBA, a posé ses valises à Miami. Pour Joalukas, chaque projet de retrouvailles se transforme en un véritable chemin de croix mental. Le jeune DJ ne cache plus sa détresse face à cette situation qu’il qualifie lui-même de réel handicap. L’isolement a atteint son paroxysme lors des récentes fêtes de fin d’année : alors que tout le clan se réunissait dans la chaleur du Cameroun pour célébrer Noël, Joalukas est resté seul à Paris, prisonnier de sa phobie.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de combattre ce démon intérieur. Déterminé à briser ses chaînes pour retrouver son père, le jeune homme a multiplié les tentatives. Il a suivi des stages antistress rigoureux avec Air France et s’est tourné vers des séances d’hypnose régulières pour tenter de reprogrammer son cerveau face à cette angoisse irrationnelle. Malgré ces efforts louables et constants, le blocage persiste. Pour l’instant, le ciel reste une barrière infranchissable. Joalukas garde cependant l’espoir chevillé au corps et s’est fixé un objectif sacré : le Cameroun sera sa toute première destination dès qu’il aura terrassé sa peur. En attendant, les appels vidéo remplacent les étreintes, et le manque continue de creuser un vide immense au sein de cette dynastie si charismatique.