Denis Podalydès, figure emblématique de la Comédie-Française, a ouvert une fenêtre intime sur son passé. Le 15 février, dans les colonnes de La Tribune Dimanche, l’acteur a évoqué son enfance, révélant que l’hygiène n’était pas son fort et que ses habitudes d’enfant laissaient parfois à désirer. À 62 ans, et après 30 ans passés parmi les pensionnaires de la Comédie-Française, Denis Podalydès reste passionné par son métier. « Je n’ai cessé de me fixer des termes, et puis, plus le terme approchait, plus je le diluais dans le temps. Je sais qu’il faut partir un jour, mais je n’arrive vraiment pas à savoir quand », confiait-il au Figaro le 17 janvier. L’acteur ne ressent aucune urgence à quitter la troupe, en particulier pour le plaisir de jouer dans des pièces comme L’École de danse ou de monter un Goldoni, une opportunité rare ailleurs qu’au Français.
En parlant de son enfance, Denis Podalydès a partagé un désir surprenant : il rêvait d’être né étranger. « Enfant, je rêvais d’être né étranger. J’avais ce nom étranger, mais ne l’étais pas », explique-t-il. Son père est né à Alger, et son grand-père était grec, une famille ayant voyagé entre Alexandrie, Tunis et Alger. « On disait : ‘Je suis d’origine grecque’, avec le sentiment d’avoir perdu quelque chose », ajoute l’acteur. Pour rendre hommage à ses racines, il a choisi de tourner son premier film en Grèce, honorant ainsi l’histoire familiale.
L’une des anecdotes les plus croustillantes concerne son rapport à l’hygiène. Denis Podalydès se décrit comme « un enfant un peu crado qui n’aimait pas se laver », un trait de caractère qui avait attiré les remarques de sa tante. Fasciné par la beauté et le raffinement de Christine, treize ans son aînée, il rêvait de passer du temps avec elle. Mais elle répétait souvent à sa grand-mère : « Qu’est-ce qu’il pue, celui-là ! » Ce souvenir drôle et tendre résonne avec son poème L’Éloge du putois, qui souligne avec humour : « il pue, mais il est très gentil. »
L’acteur a également évoqué une période sombre à la trentaine. Après le Conservatoire, il se sentait perdu et doutait de ses choix. « Juste après le Conservatoire, je n’avançais dans aucun compartiment de ma vie. Bien avant, je me demandais sans cesse si j’avais fait le bon choix de continuer le théâtre alors que mes études étaient si bien engagées », confie-t-il. Cette phase de dépression fut tempérée grâce à l’amour de son grand frère Bruno, qui l’a encouragé et guidé vers le cinéma. « Si mon grand frère Bruno n’avait pas quitté son poste chez Air France où il gagnait très bien sa vie pour me proposer de jouer dans son premier court-métrage, Versailles rive gauche, en 1992, je n’aurais sans doute jamais fait de cinéma », ajoute Denis Podalydès avec une humilité touchante. L’acteur souligne ainsi l’importance des liens familiaux et le rôle crucial d’un frère dans le cheminement d’une carrière exceptionnelle.

Aujourd’hui, Denis Podalydès revient sur le grand écran dans Maigret et le mort amoureux, confirmant que ses expériences, bonnes ou moins bonnes, ont façonné l’homme et l’artiste qu’il est devenu. Entre humour, sensibilité et souvenirs d’enfance, il dévoile un parcours où le jeu, la famille et les racines culturelles s’entrelacent pour nourrir sa vie et son art.