Kad Merad, célèbre acteur et réalisateur français, trouve son refuge loin du tumulte parisien, dans une villa marseillaise devenue le témoin de sa vie intime et de sa carrière. Avant de tourner le film éponyme sorti en 2016, Kad Merad s’était déjà laissé séduire par la cité phocéenne, adoptant Marseille bien avant qu’elle ne serve de décor à son long-métrage. Les clichés collant à la ville ne l’ont jamais effrayé : « On m’a dit : Mais t’as pas peur d’aller habiter à Marseille ? », confiait-il à Patrick Bosso, soulignant sa volonté de déconstruire les idées reçues sur cette métropole vivante et passionnée.
Au milieu des années 2000, l’acteur tombe amoureux de Marseille en suivant Emmanuelle Cosso, Marseillaise et mère de son fils. Dès 2006, il s’installe ponctuellement et acquiert la Villa Moncade, nichée dans le quartier prisé de Malmousque, à deux pas de l’anse de Maldormé. Cette maison discrète mais majestueuse devient son refuge méditerranéen, un lieu à l’abri des regards, où il partage plusieurs années de vie avec son épouse de l’époque.
La Villa Moncade, située au bout de la traverse des Cascades et réhabilitée par les architectes Rudy Ricciotti et Raphaëlle Segond, attire l’œil par son allure de petit château. En 2023, les riverains s’étonnent d’une étrange demi-biche incrustée verticalement devant le garage, signe que Kad Merad n’était pas le seul à apprécier l’art contemporain. Pendant seize ans, la villa fut bien plus qu’une demeure : un havre de créativité et de vie personnelle.
Cette immersion marseillaise nourrit directement son film Marseille. Kad Merad voulait montrer « le bon côté des mauvais aspects de Marseille », des quartiers Nord aux supporters de football, tordant le cou aux clichés. Le long-métrage, quatre ans en gestation, raconte le retour d’un fils auprès de son père accidenté et rend hommage aux familles ouvrières d’origine italienne qui font battre le cœur populaire de la ville. Patrick Bosso, enfant des quartiers Nord, y voit une rare occasion de sortir des rôles caricaturaux réservés aux acteurs à accent. Pour lui, Marseille devient presque un personnage, une terre de transmission et de filiation. Kad y projette aussi une part intime : « Venentino Venantini, c’est un peu mon père… Je voulais que ce film soit un hommage au retour aux sources ».
Après sa séparation avec Emmanuelle Cosso en 2022, Kad Merad se détache progressivement de ce pan marseillais de sa vie et vend la Villa Moncade, mettant fin à seize années d’ancrage dans le quartier. Malgré tout, l’amour pour la ville reste intact, car Marseille a été pour lui un lieu fondateur, où il a trouvé une manière de vivre plus brute, plus humaine.
Aujourd’hui, Kad Merad écrit un nouveau chapitre de sa vie en Bourgogne aux côtés de Julia Vignali, sa nouvelle épouse. Le couple a acquis une ancienne ferme entièrement rénovée, avec pierres apparentes et grands espaces ouverts sur la nature, transformée en havre de paix loin de Paris. Entre calme absolu et projets pour accueillir des animaux, Kad Merad se ressource et savoure ce nouveau départ, loin des caméras mais toujours entouré de l’essence de sa vie passée.