Dans un retournement judiciaire qui a secoué le monde judiciaire et médiatique français, le procès tant attendu de l’iconique acteur français Gérard Depardieu pour agressions sexuelles a été renvoyé aux 24 et 25 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris, suscitant un mélange de soulagement, de colère et d’incertitude autour d’une affaire déjà extrêmement suivie.
L’affaire remonte à des accusations portées contre Depardieu pour des faits présumés d’agressions sexuelles survenus en 2021 sur le tournage du film Les Volets verts du réalisateur Jean Becker, lorsqu’il avait 75 ans. Depardieu, aujourd’hui âgé de 76 ans, est accusé par deux femmes – une décoratrice de cinéma de 54 ans et une assistante réalisatrice de 34 ans – d’avoir commis des gestes et des attouchements à caractère sexuel pendant ce tournage.
L’audience initialement prévue le 28 octobre 2024 n’a finalement pas eu lieu. L’acteur ne s’est pas présenté au tribunal ce jour-là, invoquant des raisons de santé, soutenu par des certificats médicaux fournis par sa défense, dirigée par Me Jérémie Assous. Face à cette absence et aux inquiétudes exprimées sur son état physique, le président de la chambre correctionnelle a décidé de reporter l’ouverture du procès à la fin mars 2025, ordonnant également une expertise médicale pour évaluer si l’acteur serait apte à comparaître à cette nouvelle date.
Derrière les murs du palais de justice, cette décision a créé un véritable séisme. D’un côté, certains observateurs judiciaires et militants pour les droits des victimes ont salué le report comme une nécessité compte tenu de la santé apparente fragile de Depardieu, qui souffrirait notamment de problèmes cardiaques et de complications liées au diabète, selon les déclarations de son avocat. De l’autre, plusieurs associations féministes ont dénoncé ce report comme une manœuvre dilatoire destinée à retarder une confrontation judiciaire jugée indispensable dans un contexte post-#MeToo où l’impunité des puissants fait débat, arguant qu’une célébrité ne devrait pas échapper à la justice.

L’affaire elle-même s’est déjà révélée incroyablement tendue avant même de véritablement commencer. Les plaintes déposées en 2024 ont décrit des gestes brutaux et des propos obscènes présumés durant le tournage, suscitant une émotion considérable dans le monde du cinéma français et relançant le débat sur la culture du pouvoir et du harcèlement dans l’industrie. L’accumulation d’accusations – y compris des témoignages émanant d’une vingtaine de femmes, même si toutes n’ont pas donné lieu à des poursuites – a transformé cette affaire en l’un des cas les plus suivis de l’après-#MeToo en France.
La course vers mars 2025 s’annonce déjà sous haute tension, avec une pression énorme sur le tribunal pour traiter ce dossier de manière exemplaire et équitable, tout en gérant la santé et la présence de Depardieu. Certains acteurs du milieu culturel ont pris parti des deux côtés de l’affaire, ce qui amplifie encore la polarisation autour de l’affaire.
Alors que l’échéance approche, de nombreux Français, journalistes et défenseurs des victimes attendent avec impatience de voir si ce procès tant retardé pourra finalement se dérouler dans des conditions qui satisferont aux exigences de transparence judiciaire et de respect des droits de toutes les parties impliquées.