Jean Reno confie son choc face à l’histoire méconnue des soldats noirs au Vietnam dans le film de Spike Lee

Depuis sa maison en Provence, Jean Reno évoque un parcours hors du commun et une carrière marquée par des rôles emblématiques. À 72 ans, entouré de sa femme Zofia et de ses six enfants, il observe le monde depuis un confinement volontaire, loin des tumultes sanitaires et politiques. Malgré son visage connu pour le rôle controversé du tueur à gages dans Léon : The Professional, l’acteur se retrouve aujourd’hui plongé au cœur d’un film politiquement chargé : Da 5 Bloods de Spike Lee, un récit qui explore la guerre du Vietnam à travers le prisme des soldats noirs américains.

Reno décrit comment le tournage et le récit l’ont profondément marqué. « J’étais choqué d’apprendre combien de soldats américains au Vietnam étaient noirs », confie-t-il. Le film raconte l’histoire de quatre anciens GIs revenant sur les lieux du conflit pour retrouver un trésor caché, mêlant souvenirs douloureux et réflexions sur le racisme systémique. La présence de personnages interprétés par Delroy Lindo, Clarke Peters, Norm Lewis et Isiah Whitlock Jr. met en lumière la contribution souvent oubliée des soldats noirs à la guerre, accentuée par l’ouverture du film avec une citation de Muhammad Ali sur le respect et la dignité.Da 5 Bloods" : quand Spike Lee évoque le Vietnam et ses combattants noirs

Dans le contexte actuel, avec la mort de George Floyd et la mobilisation mondiale pour la justice raciale, le film prend une dimension supplémentaire, résonnant avec les tensions sociales et l’urgence des conversations sur le racisme. Reno, conscient de cette résonance, évoque aussi le rôle particulier de la France et la manière dont son propre parcours nord-africain a influencé sa perception du monde. Entre souvenirs personnels et engagement artistique, l’acteur met en avant la puissance d’un cinéma qui questionne et révèle.

Par ailleurs, Reno partage son quotidien loin des projecteurs : s’occuper de ses oliviers, produire sa propre huile et préserver un équilibre familial et mental pendant la pandémie. Un contraste frappant avec l’intensité politique et émotionnelle du film, qui impose au spectateur un regard critique sur l’histoire, la mémoire et les injustices longtemps passées sous silence. Cette immersion dans le passé et le présent des États-Unis permet au public de comprendre combien le cinéma peut être un miroir des sociétés et un outil de réflexion sur les luttes raciales, tout en restant profondément humain et émouvant.

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