Dans les années 70, Michel Berger a aimé deux femmes : Véronique Sanson et France Gall
Longtemps présentées comme rivales, elles partageaient pourtant bien plus qu’un homme : une passion commune pour la musique et un lien indéfectible avec l’un des plus grands compositeurs français.
Ce 9 octobre 2025, France Gall aurait eu 78 ans. L’interprète de Poupée de cire, poupée de son nous a quittés le 7 janvier 2018. Si elle a débuté comme muse de Serge Gainsbourg, c’est auprès de Michel Berger qu’elle a trouvé son âme sœur artistique et amoureuse. Ensemble, ils ont signé des titres devenus cultes : Résiste, Si maman si, Il jouait du piano debout, Évidemment et Ella, elle l’a.

Mais avant France Gall, il y avait Véronique Sanson.
Michel Berger en tombe éperdument amoureux à la fin des années 60. Leur histoire débute comme une fusion artistique et sentimentale. De 1967 à 1972, ils forment un couple mythique. Il produit son album culte Amoureuse, avant qu’elle ne parte soudainement pour les États-Unis, laissant derrière elle un simple mot :
« Je descends, je vais chercher des cigarettes. »
Cette phrase restera dans la légende. En réalité, Véronique Sanson part rejoindre Stephen Stills, le musicien de Crosby, Stills, Nash & Young, qu’elle épouse quelques mois plus tard. Mais leur histoire tourne vite au drame, marquée par la violence conjugale. En 1980, elle divorce et rentre en France, profondément marquée.
Entre elle et Michel Berger, les mots remplacent la parole. Ils se répondent par chansons interposées : Seras-tu là, Pour me comprendre, Message personnel ou Vancouver. Un dialogue à distance, poétique et mélancolique.
Quand Véronique Sanson revient en France, Michel Berger a refait sa vie. En 1973, il croise France Gall dans les locaux d’Europe 1. C’est le début d’une nouvelle histoire. Le couple se marie en 1976, a deux enfants — Pauline et Raphaël — et devient l’un des symboles les plus forts de la chanson française.
Malgré tout, la presse adore opposer les deux femmes. Mais Véronique Sanson mettra fin aux rumeurs :
« France et moi, on n’a pas gardé contact, mais il n’y a jamais eu d’animosité. On avait juste peur, inconsciemment, qu’on nous ramène Michel Berger. »
Elle n’assistera pas aux obsèques de France Gall, expliquant simplement :
« Elle n’a jamais été mon alter ego. Mon alter ego, c’était Michel. »
Pourtant, en 1994, deux ans après la mort du compositeur, les deux chanteuses partagent la scène de Taratata pour interpréter La groupie du pianiste — un moment symbolique et chargé d’émotion.
Un an après la disparition de France Gall, Véronique Sanson rendra hommage à celle qui, selon elle, « a fait vivre Michel Berger » :
« Elle a été sa plus grande transmettrice, de sa musique, de ses mots, de son monde. »
Et de conclure, avec une touche d’humour et de tendresse :
« Elle a été son tremplin. Sa muse, c’était moi. »